Un souvenir mémorable de Derek Paul, du début de septembre 1988
Traduit de l’anglais
Pendant mon absence du chalet — situé sur le lac Témiskamingue juste au nord de Haileybury — la famille de castors qui vivait dans notre voisinage avait coupé tous les peupliers qui se trouvaient sur les quelques acres de la propriété. J’ai constaté les dégâts à mon retour. Il était trop tard pour sauver les peupliers, mais je me suis quand même dit : « si seulement je pouvais confronter ces castors » !
Au crépuscule, j’ai eu une soudaine envie de les voir revenir à la recherche d’un arbre de plus. Il n’y en avait pas d’autre à abattre, mais les castors sont optimistes. Je me suis donc glissé en silence jusqu’à la plage la plus au nord de la propriété, qui me semblait être leur lieu d’atterrissage probable. Cette plage est assez petite, et est délimitée par de hauts rochers au nord, au sud et à l’ouest. À ma grande joie, alors que je descendais justement le long des rochers, j’ai vu toute la famille de castors nager autour de la pointe de terre au nord de la plage. Lorsque j’ai atteint le bord de l’eau, le chef de file s’était déjà positionné à l’écart du rivage. Il a donné un signal d’alarme : un gros coup de queue dans l’eau, pour dire aux autres de rentrer chez eux. Ils ont tous tourné les talons en même temps, le laissant seul, face à ce géant bipède sur le rivage.
À ce même moment, j’avais ramassé un gros bâton et me tenais debout, les pieds écartés, le bras droit t
